Recherche

Mot-clé sur le site

Avec Google

Google :
Exhorter
<< Comme des brebis qui n'ont pas de...  

Favoriser la paix et l'édification mutuelle
Imprimer Imprimer
> Envoyer cette page

Voir chapitre précédent 

"Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l'édification mutuelle."
(Rm 14, 19)

Tout d'abord, une précision. Cette rubrique n'est pas limitée à la relation d'expériences négatives. Dieu merci, il y a de très nombreux chrétiens qui s'épanouissent au sein des nouveaux mouvements et même qui s'y sanctifient.

De même, elle n'est pas limitée aux expériences concernant les "Nouvelles communautés". Il y a, en effet, de "nombreuses demeures dans la Maison du Père" (cf. Jn 14, 2). Songeons aux religieuses et religieux, aux prêtres, aux membres d'instituts séculiers, et aux laïcs engagés dans l'apostolat et/ou l'action sociale, l'enseignement, le monde du travail, etc., bref à tous ceux et celles qui oeuvrent dans le "champ du royaume" (cf. Mt 13, 24), où "la moisson est abondante, mais les ouvriers trop peu nombreux" (cf. Mt 9, 37). Tous ont des expériences à partager. Heureuses ou malheureuses, édifiantes ou consolatrices, décevantes ou inquiétantes, ces confidences fraternelles sont toujours instructives - certains en ont fait maintes fois l'expérience -, pourvu qu'elles soient exprimées dans un esprit de paix, et avec humilité et charité.

Si l'on a mis d'emblée l'accent sur les "Nouvelles communautés", c'est parce qu'elles sont devenues un phénomène sociologique marquant dans le paysage religieux, outre que leur multiplication protéiforme est telle, que de très nombreux chrétiens et chrétiennes ont été, sont, ou seront concernés par cette mouvance, et pourront être amenés à en discerner l'esprit, à y réagir éventuellement, voire à se déterminer clairement par rapport à elle.

Mais, en réalité, l'objectif de cette rubrique est à la fois plus large et plus modeste qu'il n'y paraît. Dans le document précédent, il était question de celles et ceux "qui viendront dire ici leurs doutes, leur déceptions et leurs attentes". Le mot "attentes" est souligné, afin que chacun comprenne bien où nous voulons en venir. Cette initiative est née des expériences frustrantes, douloureuses et répétées, qu’ont values à l'initiateur de ce site ses efforts pour exprimer la vision des choses qui l'animait, et dont il lui semblait qu'elle pouvait et même devait être partagée avec d'autres, ne serait-ce, se disait-il, que pour qu’ils discernent (cf. 1 Co 14, 29) si ce qu’il leur confiait venait de Dieu, ou de son imagination, bref, pour savoir s'il n'avait pas couru en vain (Ga 2, 2). Voici ce qui ressort de ses confidences à ce sujet :

A force d'être peu, mal, ou pas écouté, jugé sur des a priori et tenu à l'écart - sans que ce fût toujours de sa faute, à ce qu'il lui semblait -, il a fini par retourner à sa solitude et y a trouvé, à force de peine et de prière, la paix que ses frères et soeurs chrétiens lui avaient fait perdre, bien malgré eux, sans doute, ou sans en avoir conscience.

 

Consolé par Dieu, qui voit dans le secret (Mt 6, 4), il a reçu la grâce de résister au découragement et à la tentation de juger et de condamner celles et ceux qui avaient entravé son élan vers Dieu. Faute de trouver sa place dans la vie ordinaire de la communauté chrétienne, il a mené seul, durant des décennies, sa quête de Dieu et sa réflexion sur les Ecritures juives et chrétiennes, ainsi que sur la Tradition de l’Eglise et sur l’histoire et le devenir du peuple de Dieu.


Durant cette très longue période, il a rencontré et écouté des chrétiens et chrétiennes de tous âges, milieux et sensibilités religieuses. Il s’est souvent trouvé impliqué, à son corps défendant, dans des controverses où sa liberté d'esprit, sa simplicité et son indépendance de pensée ont été perçues comme dérangeantes, voire scandaleuses. En ces occasions, il a pu constater que bien des âmes sont inquiètes et insatisfaites. Et il ne s’agissait pas toujours de consciences plus ou moins déstabilisées, voire psychotiques, mais aussi de pasteurs et de membres respectables du clergé, d'ordres religieux ou de mouvements spirituels, de dirigeants de communautés, bref, de gens considérés comme des modèles, ou du moins comme des références, voire des relais de la grâce divine.

 

A la lumière des confidences de ces souffrants, il a pu mesurer, avec effroi et compassion, comme sont grandes la détresse spirituelle et l'incertitude, voire la confusion de certaines âmes mal conseillées. Il s’est parfois demandé comment des gens - certes, sincères et fervents, mais aussi dépourvus de repères et eux-mêmes sous-alimentés spirituellement, voire pire - ont pu s'estimer aptes à réconforter et à nourrir la foi et la vie spirituelle d'âmes qui croyaient voir en eux des guides et des modèles.

Et quand, le plus discrètement, le plus humblement possible, il s'efforçait de leur faire prendre conscience qu'il leur fallait d'abord mettre de l'ordre dans leur demeure intérieure et ressourcer leur âme à eux, avant d’entreprendre de ranimer celle des autres, il était rarement écouté. Sans doute se disaient-ils, comme les Israélites auxquels Moïse enjoignait de ne pas se battre entre frères : "Qui t'a constitué notre chef et notre juge ?" (Ex 2, 14). Aussi, dans sa confusion, pensait-il qu'ils avaient sans doute raison et qu'il ferait mieux de s'abstenir de donner des conseils à qui ne lui en demandait pas, ou, plus simplement, qu'il n'avait pas la bonne manière d'exprimer ces choses…

C'est ainsi que, pour ces raisons et pour d'autres qui ont été évoquées ailleurs, il cessa de s'entêter à faire du bien aux gens malgré eux, comme dit le dicton populaire. Il confesse aujourd'hui que cette situation arrangeait bien son égoïsme naturel et sa propension à être avare de son temps aux dépens de son prochain, et qu'il en profita pour s'adonner entièrement à sa quête insatiable de compréhension et d'approfondissement du dessein de Dieu sur "les deux familles" de "l'Israël de Dieu" (cf. Jr 33, 24 ; Ga 6, 16) - les Juifs et les chrétiens, selon sa conception.

Son agir, durant ces décennies, fut loin d'être entièrement agréable à Dieu. En outre, il apprit, à ses dépens, ce qu'il en coûte de se guider seul - par suite d'un choix, ou du fait des circonstances -, et les graves dangers qu'encourent les très nombreuses âmes qui sont dans ce cas.

C'est pourquoi, après un quasi-mutisme public de très longue durée, au terme d'une vie professionnelle décousue et souvent précaire, et d'une quête intellectuelle et spirituelle incessante de la vérité, qui l'a mené sur la voie, escarpée comme un pont jeté entre l'abîme et le ciel, où il est engagé depuis - non sans crainte et tremblement -, il a estimé qu'il ne pouvait plus se taire. Il craignait, en effet, d'encourir la colère du Maître, dont il avait "enfoui en terre l'unique talent à lui confié" (cf. Mt 25, 18), et de s'entendre condamner, au dernier jour, comme "serviteur mauvais et paresseux" (cf. Mt 25, 26), s'il persistait à se replier sur lui-même.

Les circonstances - la Providence, plutôt - ont bien fait les choses. Rompu à la pratique d'Internet et aux échanges virtuels entre Internautes, il en a tiré une expérience qu'il considère aujourd'hui comme capitale pour la prédication du Royaume et l'édification mutuelle par la Parole de Dieu. Il en a fait part à celles et ceux qui sont, avec lui, responsables et artisans de ce site, et, ensemble, ils en ont tiré les conclusions suivantes :

  • Nombreuses sont les âmes qui cherchent Dieu, même si cette quête ne procède pas toujours d'un authentique amour et d'un don de soi sincère, et que s'y mêlent désir de merveilleux, spéculation ésotérique, ou tout simplement aspiration à fuir la monotonie de la condition humaine ordinaire.
  • Nombreux aussi sont les petits maîtres, les gourous frelatés, les faux docteurs, les faux prophètes, ou plus simplement les esprits téméraires ou exaltés, qui s'autoproclament chargés d'âmes et guides spirituels. La terrible sentence de Jésus les atteint, par delà les siècles : "Laissez-les: ce sont des aveugles qui guident des aveugles! Or, si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou." (Mt 5, 14).
  • Par ailleurs, que de fidèles coupés de l'assemblée des pratiquants, par leur faute ou par suite de la dureté de pasteurs et/ou de membres de cette communauté, et contraints de progresser seuls sur une voie spirituelle mal frayée, peu balisée, et semée d'embûches !
  • Pourquoi, dès lors, ne pas leur ouvrir un espace de réflexion et d'échanges, dans lequel ils pourraient faire part de leur manière de servir Dieu dans leur état, des difficultés qu'ils rencontrent et des questions qu'ils se posent, et solliciter le discernement de leurs frères et soeurs chrétiens ? 


Malgré les nombreux malentendus, conflits et déceptions qu'engendrent souvent les échanges sur le Web, il est indéniable que les avantages de ce mode de communication l'emportent largement sur ses inconvénients. En effet, tout le monde ne se sent pas forcément à l'aise en public, et relativement peu de gens osent s'exprimer devant un auditoire. De ce fait - et la chose est particulièrement manifeste dans les groupes pieux -, ce sont les intervenants les plus extériorisés, voire les plus verbomoteurs, qui, consciemment ou non, mobilisent la parole, au détriment de ceux et celles qui n'ont pas ce don. Même le silence que s'imposent parfois, avec grand mérite, les personnes les plus doctes de ces assemblées, ne contribue pas forcément à la libération de l'expression des moins aptes : la simple présence de personnes plus douées que la moyenne paralyse tout autant les assistants intimidés que si elles prenaient la parole. Il s'agit de gens victimes de complexes, dira-t-on. Peut-être, mais telle est souvent la réalité, et les complexés sont aussi des brebis que le Bon Pasteur veut paître (cf. Jn 10, 16). En tout état de cause, force est de constater que, malgré l'inconvénient réel que constitue le caractère artificiel et superficiel de beaucoup d'échanges virtuels, malgré les illusions, voire les véritables escroqueries spirituelles que favorise parfois le Net, ce medium permet à un nombre considérable d'êtres esseulés, victimes de malnutrition et de déshydratation spirituelles graves, de prendre connaissance de ce qui se dit, se pense, se cherche, de par le vaste monde, sur une multitude de sujets, et ce sans contrainte d'aucune sorte, ni obligation d'adhésion, ou risque d'embrigadement - et surtout sans avoir à se dévoiler.

Pour toutes ces raisons et pour d'autres que l'on explicitera, si Dieu veut, au cours d'échanges éventuels, nous croyons qu'une initiative comme celle-ci peut être bénéfique à beaucoup de femmes et d'hommes de foi, qui aspirent à nourrir et abreuver la leur sans risque d'empoisonnement spirituel, ni de récupération zélatrice.

Et s'il s'avérait, par pure grâce divine, que ce n'était, de notre part, ni témérité ni manque d'humilité que d'avoir cru pouvoir jouer un rôle - si modeste soit-il - en cette matière, alors que nous ne sommes investis d'aucun ministère institué, ni du moindre charisme reconnu par un groupe ou une communauté, il faudrait "bénir le Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits." (Cf. Mt 11, 25).

Que celles et ceux qui liront ce témoignage aient la bonté et la charité de nous recommander à Dieu, "de peur que", à l'instar de ce que craignait saint Paul pour lui-même (Cf. 1 Co 9, 27),

"après avoir servi de héraut pour les autres,

[nous] ne so[yons nous]-même[s] disqualifié[s]."

 © convertissez-vous.com



09-12-2005 | Commentaires (1) | Public
voirAjoutez votre commentaire

Identification
Pseudo
 
Mot de passe

Mot de passe oublié ?
S'inscrire à ce site
Étudier
Calendrier
<< octobre 2018 >>
dim lun mar mer jeu ven sam
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31