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Elle nous prendra par la main, Cristiana Dobner
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Texte original italien : "Ci prenderà per mano", 13 août 2010.

Traduction française : Menahem Macina.


Le 15 août nous parle d’une femme "unique"

La planète et la vie se révoltent : la Russie brûle et est victime d’une chaleur telle qu’elle n’en a pas connue depuis mille ans et, paradoxalement, l’eau, qui pourrait en éteindre les flammes, noie dans la boue des millions de Pakistanais et dévaste l’Europe ; neuf familles d’humanitaires bénévoles pleurent l’assassinat ce ceux qui mettaient gratuitement au service de ces frères leurs compétences professionnelles ; des jeunes femmes sont défigurées parce qu’elles veulent étudier ; des milliers de petits enfants meurent chaque jour par manque d’eau et de nourriture ; le travail fait défaut et la situation économique n’atteint pas le niveau attendu ; nos mers sont polluées par notre activité industrielle.

Catalogue de plaintes ? Non, seulement un regard réaliste sur la situation dans laquelle, en ces temps de vacances proclamées (et mal utilisées), que seules 4 personnes sur 10 peuvent se permettre.

A qui confier notre quotidien si précaire et si menacé ?

A Elle, la Reine compatissante, qui ne se fatigue pas d’élever des supplications pour chacun de nous, à Elle, la Reine enlevée aux cieux.

Selon toute probabilité, dire "Assomption" aujourd'hui implique, à tout le moins, une régression dans le sans intérêt ou l’absurdité, si ce terme n’évoque pas uniquement le congé de la mi-août, dont on profite au soleil.

 

C.Giaquinto, Assunta, Cattedrale di Molfetta
     C. Giaquinto, Assunta, Cattedrale di Molfetta

 

Marie enlevée aux cieux nous parle d’une Beauté, la sienne, qui peut devenir la nôtre : « Marie est le lac tranquille de la Paix, le miroir très pur de la Paix éternelle, la rose blanche et parfumée au cœur de la bienveillante Trinité », écrivait Raïssa Maritain.

Une beauté qui est à l’intersection de notre destin, lequel passe par Son destin de femme mortelle tout en étant prémices de nouvelle vie, éternelle, point de départ et point d’arrivée.

La "Fille de Ton Fils" [*] est une créature comme nous, mais c’est la seule en qui la rédemption ait porté ses fruits à leur totale plénitude, au point que, bien qu’elle soit passée par le terrible sentier de la mort qui nous attend, tôt ou tard, elle a été emportée, joyeusement, avec son corps et son âme, dans le sein de la Trinité. Elle n’est pas passée par la corruption du corps et l’attente qui, par la suite seulement, lui aurait fait rejoindre le Ressuscité dans la gloire.

Son passage a été direct, immédiat : le Fils n’a pas attendu sa venue finale, en Elle, par conséquent, il nous a fait don d’une grande espérance, disposant par avance qu’elle nous secourrait toujours.

Du cœur de la Trinité, parce que Marie enlevée aux cieux est le cœur de l’Eglise, elle nous attend et est médiatrice de notre destin, dans l’attente, Elle, ressuscitée dans le cœur de l’Eglise, de nous qui le serons. Là où elle est, nous serons nous aussi.

Comment cela s’est-il produit ? Nous l’ignorons. Nous devons seulement entrer avec force, en regardant un Christ ressuscité, dans une joyeuse attitude de foi.

En transmettant telle ou telle allusion, la tradition chrétienne aime réinterpréter en Elle quelques moments des événements évangéliques : comme l’Esprit Saint descendit sur les Apôtres dans une nuée à la troisième heure [cf. Ac 2, 15], le jour du Seigneur, ainsi, le Christ, escorté d’une multitude d’anges qui chantaient le verset du Cantique des Cantiques "Comme le lis entre les épines, telle ma bien-aimée entre les jeunes femmes" [cf. Ct 2, 2], est venu accueillir sa Mère. La lumière aveuglante, comme au Tabor [cf. Mc 9, 3], les a fait tomber à terre [cf. Jn 18, 6] et, dans cette Lumière, inaperçue, Marie est passée de notre histoire à la gloire.

Une Lumière qui nous sera proche et nous prendra par la main pour nous guider dans cet ultime voyage, quand sera arrivé le moment de franchir le seuil du temps et de l’histoire. Une interrogation nous effleure souvent : comment ferons-nous pour communiquer entre nous quand sous participerons à cette gloire ? En Elle, en Marie enlevée aux cieux, tous les bienheureux communiquent, parce que, en Elle, toute l’Eglise est enlevée aux cieux.

Elle qui a été à l’intersection de la ligne horizontale et de la ligne verticale de la Croix, c’est-à-dire de la contemplation du Christ crucifié, et en communion avec tous les souffrants de la terre, introduit toute l’humanité dans la divinité, ouvrant ainsi une brèche, un greffon de l’humanité dans la Trinité, pour, de la sorte, continuer sa maternité à l’égard de tous.

Son rôle dans l’histoire du salut est parfait et glorieux, son destin final reprend du début lorsqu’elle naît, exactement comme nous, d’un homme et d’une femme, mais dans une transparence absolue avec la vie de la Trinité, et elle n’a pas eu besoin des deux naissances, la physique et celle de la grâce du baptême.

Alors, notre destin est un destin de Beauté, à vivre sans douter, à l’intersection de la Croix, en ayant conscience de communier avec tous ceux qui souffrent, mais en la regardant, Elle qui nous a précédés, et dans la joie de celle qui peut chanter avec les Anges. Être des hommes et des femmes devient un destin de Beauté, déjà nimbé de gloire.

Tout ce qu’Elle a vécu dans son corps, nous pouvons le vivre, et alors, aucune miette de temps, de dévouement, de travail, de relation fraternelle, de douleur et de labeur, ne tombe dans le vide ou dans le néant, mais dans ses mains suppliantes, toujours tendues pour remettre à son Fils les désirs et les labeurs de ses enfants et pour intercéder.

 

Boccace chantait :

"Reine du ciel, ne me repousse pas

Pour mes péchés graves et laids.

J’espère et j’ai toujours espéré en toi :

Prie pour moi et fais que je sois digne

De voir avec toi ton bienheureux fils."


Un cœur soucieux et endeuillé.

 

Cristiana Dobner, ocd

 
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Note de Menahem Macina


[*] L'expression est de Dante Allighieri (Chant XXXIII, Le Paradis) :
« Vierge Mère, fille de ton Fils, humble et élevée plus qu'aucune créature, terme fixe d'un éternel dessein, tu es celle qui tant a ennobli l'humaine nature, que son auteur ne dédaigna point de s'en revêtir. » En raison de son caractère insolite pour le commun des fidèles, j’ai questionné l’auteure. Voici sa réponse : « L’expression exprime toute une théologie mariale ; elle est relativement simple à justifier : sur le plan de l’histoire, la Vierge Marie a mis au monde Jésus Christ ; sur le plan de la grâce, nous sommes tous fils dans le Fils [ce que Paul a appelé l’ « adoption filiale », cf. Rm 9, 4, voir aussi 1 Jn 3, 2)], en ce sens, Marie elle-même est fille de Jésus Christ, le Fils. »


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Mis en ligne le 14 août 2010, par Menahem Macina, sur le site rivtsion.org



14-08-2010 | Commentaires (0) | Public
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